LES AMIS DE LA CATHEDRALE SAINT ETIENNE DE TOULOUSE

LES AMIS DE LA CATHEDRALE SAINT ETIENNE DE TOULOUSE

HISTOIRE DE LA CATHEDRALE


CHRONOLOGIE DE LA CATHEDRALE

Chronologie

     415

Reliques de saint Etienne découvertes à Jérusalem.

   5 avril 844

Un diplôme de Charles le Chauve lui confère des privilèges ainsi qu'à d'autres églises de Toulouse.

     1073

L'évêque Isarn, aidé par le comte de Toulouse Guillaume IV, décide d'appliquer la réforme grégorienne.

     1078

Début de la construction d'une nouvelle cathédrale. Il ne reste de cette cathédrale que des éléments du mur septentrional sous le clocher, des arcades ajourées côté intérieur de la façade, des chapiteaux réemployés et des sculptures du cloître – en particulier les apôtres de la salle capitulaire sculptés par Gilabertus – au musée des Augustins.

     1154

Une charte de Louis VII la désigne comme seule cathédrale de Toulouse.

     1209 - mai 1211

Reconstruction de la nef par le comte Raymond VI.

     1217 - 1219

Interruption des travaux de la nef.

après    1229

Construction de la rose se la façade occidentale de la nef.

     1271

La mort d'Alphonse de Poitiers, frère du roi de France Louis IX, entraîne l'annexion du comté de Toulouse dans le domaine royal.

     1272

L'évêque Bertrand de l'Isle-Jourdain (1270-1286) fait construire le choeur de la cathédrale. Ce choeur est contemporain de celui de la cathédrale de Narbonne construit par Jean Deschamps. Il présente de nombreuses ressemblances avec lui.

     1286

A la mort de Bertrand de l'Isle-Jourdain, le rond-point du choeur est terminé jusqu'à 20 m de hauteur et couvert car un maître autel y est établi.

     1317

Le démembrement du diocèse – création des diocèses de Lavaur, Condom – réduit de près de 80% les ressources financières du chapitre pour la construction de la cathédrale. L'évêché de Toulouse est élevé au rang d'archevêché.

ca.     1340

Achèvement du côté sud du choeur: les chapelles, le déambulatoire et collatéral ont leur voûtement.

ca.     1438

Les archevêques Denis Du Moulin (1423-1439) et Pierre Du Moulin (1439-1451) ont faits posés les vitraux les représentant avec le roi Charles VII et son fils, le futur Louis XI.

ca.     1450

L'archevêque Pierre du Moulin fait construire le grand portail de la nef.

ca.     1470

L'archevêque Bernard du Rosier (1451-1475) agrandit le choeur, vers le nord-ouest, d'une travée de collatéral et d'une seizième chapelle. Construction de la chapelle de l'Agonie au sud de la nef. Au-dessus de l'entrée occidentale du choeur il fait placer des orgues. Le projet de reconstruire une cathédrale gothique est alors abandonné.

     1518

L'architecte J. L'originalité construit la grande sacristie du choeur.

     1531

Fin de la construction du clocher à l'angle nord-ouest de la nef qui englobe et est construit sur la base du clocher vieux de la cathédrale d'Isarn et sur le clocher de la nef de raymond VI.

avant    1533

L'archevêque Jean d'Orléans fait prolonger d'une travée le collatéral sud avec une chapelle supplémentaire. La dernière pile, dite pile d'Orléans, a un diamètre important car est l'amorce de la croisée d'un transept qui ne fut qu'en partie construit.

     1555

Construction d'une chapelle carrée côté nord de la nef en remplacement d'une chapelle plus ancienne dédiée à saint Dominique.

   30 août 1592

Le cardinal de Joyeuse procède à la dédicace de l'église et à la consécration de l'autel majeur. Le choeur est toujours couvert d'une toiture provisoire.

   9 décembre 1609 - 10 décembre 1609

Dans la nuit, le feu prend dans une chapelle. Il se propage aux combles du choeur. La couverture du choeur est détruite ainsi que le mobilier et les objets liturgiques.

     1610

L'architecte Pierre Levesville rehausse les murs et les contreforts puis voûte le choeur sans atteindre la hauteur prévue au 13ème siècle (37 m). Il installe le nouvel autel et construit la console de pierre destinée à supporter l'orgue. Antoine Lefèbvre conçoit l'orgue. Les vitraux des fenêtres hautes sont créés.

     1610 - 1613

Les chanoines commandent à Pierre Monge le dessin de nouvelles stalles qui sont réalisées par les menuisiers Antoine Morizot et Louis Behorri.

     1667 - 1670

Réalisation du grand retable de la lapidation de saint Etienne est réalisé par l'architecte Pierre Mercier et le sculpteur Gervais Drouet.

     1727

Les statues des Évangélistes du grand retable sont refaites par le sculpteur Marc Arcis.

     1767

Pose des grilles de fer forgé qui ferment le rond-point du choeur à l'est. Elles ont été réalisés par Bernard Ortet.

     1793

La cathédrale est vidée de son mobilier et transformée en temple de la Raison.

     1802

La cathédrale est définitivement rendue au culte après le Concordat.

     1812

Démolition du cloître de la cathédrale.

     1839

A. Du l'espace propose de rétablir l'état ancien – avant l'introduction du mauvais goût du 18ème siècle.

     1842 - 1847

L'architecte A. Virebent restaure la chapelle des reliques.

     1848 - 1868

L'architecte diocésain J.-J. Esquié, disciple de Félix Duban et Eugène Viollet-le-Duc, restaure plusieurs chapelles du choeur en s'inspirant des méthodes utilisées pour la Sainte-Chapelle de Paris.

     1851 - 1857

J.-J. Esquié dirige la restauration de la chapelle du Sacré-Cœur avec un décor peint par A. Denuelle et des vitraux néo-médiévaux dessinés par E. Lami de Nozan et réalisés par Lartigue. Il rétablit la terrasse et son garde-corps flamboyant sur la grande sacristie.

     1864

Plusieurs projets sont faits dont celui de L. Petit proposant de terminer la cathédrale gothique en rasant la nef raymondine.

     1911

L'architecte en chef des Monuments historiques Saint-Anne Louzier adopte une solution de compromis en proposant de construire une façade nord du transept néo-gothique avec un collatéral longeant la nef.

     1914 - 1920

Démolition de plusieurs parties anciennes de la cathédrale: chapelle du Purgatoire, croisillon nord du transept, angle nord-est du massif occidental roman.

     1937

Fin de la construction de la façade nord du transept prévu par Saint-Anne Louzier. Le collatéral prévu le long de la nef n'a pas été construit.

ca.     1952

L'architecte L.-J. Hulot assure la restauration du clocher.

après    1960

L'architecte Sylvain Stym-Popper remet en état le flanc nord de la nef.

     1979

Restauration des parties hautes du choeur par l'architecte Y. Boiret.

     1990

Restauration des contreforts et arcs-boutants par l'architecte B. Voinchet.


22/05/2015
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DIMENSIONS

Dimensions

largeur du clocher 6 m
choeur largeur 15 m
longueur 50 m
hauteur des voûtes du choeur 28 m
clocher hauteur 55 m
clocher-porche longueur 17.90 m
nef hauteur 19 m
longueur 19 m
rose ouest diamètre 6.76 m

22/05/2015
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HISTORIQUE

CATHÉDRALE SAINT-ÉTIENNE

de

TOULOUSE

 

VISITE GUIDÉE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Visiteurs d'un jour, nous vous accueillons avec ce petit dépliant afin de mieux vous faire connaître l'histoire de cette cathédrale et ses richesses. Vous êtes dans une église, n'oubliez pas le Maître des lieux.

 

Autant à l'intérieur qu'à l'extérieur, cette cathédrale surprend et déconcerte : elle est le résultat d'une juxtaposition d'édifices amputés et inachevés, du XIe au XVIIe siècles et même jusqu'au XXe siècle (portail nord).

 

 

 

 

INTÉRIEUR

 

Plaçons-nous immédiatement au centre de l'édifice, le dos contre l'énorme pilier qui semble diviser la cathédrale en deux :

- sur notre droite, c'est le chœur des chanoines avec ses stalles.

- sur notre gauche, s'étend une large nef dite « nef raimondine ». Ses murs sont ceux de la cathédrale élevée par l'évêque Isarn (1071-1105). Sa voûte n'a cependant été lancée que dans les premières décennies du XIIIe siècle. Elle atteint 19 mètres de hauteur pour une largeur de 19,24 mètres.

 

Le chœur des chanoines est l'œuvre de l'évêque Bertrand de L'Isle (1270-1286). Il n'est que le témoin du projet de cathédrale grandiose dont l'achèvement aurait entraîné la démolition de la nef raimondine.

 

Le décalage de son axe par rapport à celui de la nef raimondine provient du fait que Bertrand de L'Isle a élevé sa cathédrale contre le flanc nord du cloître (XIIe siècle). De ce cloître, démoli au XIXe siècle, ne subsistent plus que quelques sculptures déposées au musée des Augustins.

 

La mort de Bertrand de L'Isle et les difficultés financières des évêques du XIVe siècle interrompirent les travaux. Le chœur fut couvert d'une charpente. En 1609, l'incendie qui le détruisit provoque un grand émoi. On construisit alors hâtivement la voûte qui n'atteignit que 28 mètres de hauteur au lieu des 40 prévus. De cette époque datent les stalles des chanoines, l'orgue, le retable et les vitraux ainsi que la plupart des tapisseries tendues épisodiquement dans le chœur ou la nef raimondine.

 

Plusieurs évêques des XVe et XVIe siècles essayèrent d'achever la cathédrale et y renoncèrent, faute de moyens.

 

Le pilier contre lequel nous nous trouvons est le témoin de l'une de ces tentatives. Il est l'œuvre de Jean d'Orléans (1503-1533). Il aurait été l'un des quatre piliers du carré du transept. Le même évêque démolit le chevet de la cathédrale d'Isarn, construisit la sacristie et l'énorme clocher-donjon  de 55 mètres de haut qui surplombe la façade occidentale.

 

Encore au début du XXe siècle, un architecte construisit le pilier ainsi que le faux transept qui est face à nous.

 

 

 

 

NEF RAIMONDINE

 

Elle se compose de trois travées inégales, voûtées sur des arcs diagonaux de section rectangulaire. Leurs extrémités profilées en pointe s'enfoncent dans les axes des travées.

 

Les arcs doubleaux reposent sur des chapiteaux romans groupés par quatre. Au-dessus de l'entrée occidentale, la rosace de 6,56 de diamètre est une composition célébrant le triomphe de l'Église. Son vitrail est l'œuvre d'un maître-verrier du  XIXe siècle qui a réutilisé des fragments de vitraux du  XVe siècle. Les vitraux des autres fenêtres ont été composés au milieu du  XXe siècle par Maurice Rocher et Jacques Le Chevalier.

 

La démolition du chevet de la cathédrale d'Isarn, sous l'épiscopat de Jean d'Orléans, eut pour effet de reléguer l'autel de paroisse dans l'angle sud-est de la nef raimondine. Malheureusement, le retable construit par Nicolas Bachelier au XVIe siècle fut remplacé au  XIXe siècle par des éléments de provenance et d'époque diverses. La chaire a été réalisée en 1840 par Virebent.

 

Au fond à gauche, près de l'entrée de la chapelle du Saint-Sacrement (XVIe siècle) se dresse la belle Vierge de pitié de Gervais Drouet (XVIIe siècle).

 

Au fond à droite, les fonts baptismaux ont été placés dans la chapelle située à la base du clocher-donjon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHŒUR DES CHANOINES

 

Revenons jusqu'au pilier de Jean d'Orléans. Nous sommes à l'entrée du chœur des chanoines. Il se compose de cinq travées ouvrant sur une abside à cinq pans. Il est entouré de 15 chapelles pentagonales, voûtées dans les dernières années du XIIIe siècle. Leurs clés de voûte, ainsi que celles du déambulatoire, méritent une observation attentive. Les sept fenêtres hautes de la partie orientales du chœur ont conservées leurs vitraux du XVIIe siècle.

 

 

 

 

 

Les stalles, de style Louis XIII, ont été réalisées par Pierre Monge vers 1611. Les grilles clôturant le chœur ont été forgées par Bernard Ortet en 1767. Le retable représentant la lapidation de saint Étienne a été construit par l’architecte Pierre Mercier et le sculpteur Gervais Drouet entre 1667 et 1670.

 

Pendant la Révolution de 1789, la cathédrale a servi de dépôt pour les vitraux et les œuvres d'art arrachées aux églises de Toulouse. Ceci explique le caractère disparate des vitraux remontés au cours du XIXe siècle dans les chapelles latérales et rayonnantes de la cathédrale. Vous bénéficiez d'une notice explicative à l'entrée de chacune d'elles.

 

 

 

 

EXTÉRIEUR

 

Tout ce qui vient d'être dit à l'intérieur nous permettra de comprendre les campagnes de destruction et les remaniements qui ont fait la cathédrale depuis la fin du XIe siècle jusqu'au début du XXsiècle.

 

Plaçons-nous dans le jardin, appelé square du cardinal-Saliège. De droite à gauche, distinguons le clocher-donjon de Jean d'Orléans (XVIe siècle) assis au centre sur un arc en tiers-point et à gauche sur les restes d'un clocher roman. Aussitôt après, vient un puissant contrefort entre deux fenêtres. C'est le mur nord de la nef de l'évêque Isarn, reprise et voûtée au début du XIIIe siècle.

 

Après un très fort décrochement dans la construction correspondant à un net élargissement de la nef: nous voyons ici l'œuvre du XXe siècle (portail nord). Les gigantesques contreforts qui suivent avec leurs arc-boutants nous ramènent à la fin du XIIIe siècle. À l'extrémité gauche, la sacristie appartient au XVIe siècle.

 

Si nous nous rendons sur la place Saint- Étienne pour voir la façade occidentale, la caractère chaotique de l'édifice va encore s'imposer à nous. En effet, le portail de l'évêque Pierre du Moulin (1439-1451) est visiblement désaxé vers la droite par rapport au centre de la façade. En fait, il a remplacé deux des trois portails ouverts au XIIIe siècle pour accéder à la nef raimondine.

 

À travers les caprices d'un plan et de structures aux formes asymétriques, la cathédrale de Toulouse réalise un ensemble plein d'intérêt par l'abondance et la variété des œuvres qu'elle renferme.

 

 

 


21/11/2014
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